BAROMÈTRE LPI-SELOGER septembre : les tendances des marchés immobiliers à fin août 2020

Tensions persistantes sur les prix de l’ancien

Après avoir montré des signes d’affaiblissement au cours du printemps, la hausse des prix des logements anciens s’est faite plus vive durant l’été. Avec le rebond du marché, les tensions sur les prix se sont renforcées : aussi bien sur le marché des appartements que sur celui des maisons. En août, les prix signés (mesurés en niveau annuel glissant) ont ainsi augmenté de 5.4 % sur un an, contre + 4.3 % il y a un an à la même époque.

Depuis le début de la crise, la hausse annuelle des prix se maintient donc à plus de 5 %. Et aucun mouvement de baisse générale ne se dessine, bien au contraire. D’ailleurs, les offres des vendeurs sont toujours aussi ambitieuses, sauf peut-être sur le marché des maisons où les prix affichés sont en repli de 0.3 %, en août : mais cela est courant à cette période de l’année et la baisse constatée cette année est en fait deux fois moindre que celle qui se constate habituellement durant cette période estivale.

En dépit du rebond du marché, la raréfaction de l’offre perdure et elle alimente les tensions sur les prix. De plus, la contraction de l’offre de crédits bancaires voulue par la Banque de France a pénalisé les ménages modestes, ceux qui réalisent les achats les moins onéreux : ils ont quitté le marché proportionnellement plus que les autres, alimentant ainsi la persistance de la hausse des prix.

 

Pause estivale des prix du neuf

Comme cela est fréquent durant les mois d’été, les prix des logements neufs n’ont pas fait preuve de vigueur cette année : ils ont même reculé de 0.5 % au cours des 3 derniers mois, en glissement annuel.

Certes, la demande qui a été déstabilisée durant le confinement doit maintenant faire face à ses conséquences économiques (montée du chômage, pertes de pouvoir d’achat et incertitudes professionnelles). Et le rattrapage d’activité constaté au début de l’été sur le marché de la maison individuelle n’a pas été relayé par le redressement de la demande : les restrictions d’accès au crédit voulues par la Banque de France contrarient la réalisation des nouveaux projets. Alors que sur le marché des appartements commercialisés par des promoteurs, la raréfaction de l’offre nouvelle se renforce.

Durant l’été, les tensions sur les prix ont donc semblé s’alléger. Mais il n’en est rien : derrière l’affaiblissement saisonnier du mois d’août, les déséquilibres de marché persistent et alimentent une tendance haussière des prix qui se renforce au fil des mois. En août 2020, l’augmentation des prix a ainsi été de 3.5 % sur un an pour l’ensemble du marché, contre + 2.4 % il y a un an à la même époque.

 

Accélération de la hausse des prix dans les villes  

La hausse des prix des logements anciens se poursuit et même, elle se renforce depuis la sortie du confinement dans la plupart des grandes villes. Par exemple, les prix n’ont reculé en août que dans une seule des villes de plus de 100 000 habitants, Aix-en-Provence où les hésitations du marché se constatent depuis près de deux années. Ainsi, depuis juin dernier, la baisse des prix n’est plus à l’ordre du jour dans les grandes villes alors qu’avant la crise sanitaire et de ses conséquences économique et sociale, en janvier et en février, les prix reculaient dans 12 % des grandes villes.

En revanche, une hausse des prix des appartements anciens de plus de 10 % sur un an (respectivement 8 %) s’observe dans près de 25 % des villes de plus de 100 000 habitants (respectivement près de 45 %). Et dans des grandes villes qui, avant la crise, avaient connu un ralentissement brutal de la hausse des prix (Bordeaux, par exemple) ou une dépression durable de la valeur des biens (Orléans ou Saint-Etienne, par exemple), la remontée des prix se renforce depuis plusieurs mois.

Partout, la hausse des prix est au rendez-vous de l’après confinement, à la différence de la reprise d’activité. Et il est maintenant pratiquement impossible que, dans la plupart des grandes villes ou France entière, l’indice des prix des logements anciens recule en 2020.

Et le ralentissement de la hausse des prix observé sur Paris ne fait que confirmer une évolution amorcée dès l’été 2017. Néanmoins l’augmentation des prix se poursuit (+ 4.9 % sur un an) et les prix signés repassent au-dessus de 11 000 €/m² sur Paris, en août. Et cela se constate maintenant dans 11 arrondissements, allant pratiquement du simple au double entre le 19ème et le 6ème arrondissement.

 

Une fin d’année 2020 incertaine

Le début de 2020 avait été hésitant. Les restrictions de l’accès aux crédits immobiliers voulues par la Banque de France avait commencé à altérer le dynamisme de la demande. Avec le déclenchement de la crise de la Covid-19, le marché de l’ancien a été ébranlé : les ventes réalisées de mars à mai ont reculé de 58.5 %, en glissement annuel. Puis la demande a rebondi, dès la sortie du confinement : une partie de ceux qui n’avaient pu finaliser leur projet d’achat sont revenus sur le marché. Le rattrapage s’est poursuivi depuis, mais son ampleur s’est progressivement atténuée : il n’a pas été suffisant pour permettre au marché de renouer avec les niveaux d’activité de 2019. Et les ventes réalisées de juin à août sont en retrait de 8.5 %, en glissement annuel.

Les tendances actuelles confirment que les ressorts de la demande qui avaient porté le marché au zénith durant les dernières années sont grippés. Alors que les huit premiers mois portent habituellement 68 % des ventes de l’année, la crise a déjà privé le marché de 18 % de son activité annuelle qu’il sera impossible de rattraper en 2020. Pourtant les taux d’intérêt vont rester bas. Mais le durcissement des conditions d’octroi des crédits va perdurer et s’ajouter aux conséquences de la crise économique et sociale déclenchée par la crise sanitaire.

Si la fin de l’année ressemble à celle de 2019, les ventes auront reculé de 16 % en réponse à la crise. Mais ce scénario est improbable : au mieux, les derniers mois de l’année confirmeront les hésitations de l’été et 2020 finira avec des ventes en recul de 20 %, sur un an.

 

Nouveau recul des marges

En août 2020, France entière, la marge de négociation s’est établie à 3.8 %, en moyenne : 3.0 % pour les appartements et 4.5 % pour les maisons.

Après un mois de juillet durant lequel les marges s’étaient stabilisées, elles ont enregistré un nouveau recul en août. Cette dernière évolution confirme donc leur faiblesse à des niveaux jamais observés et pendant aussi longtemps par le passé, même durant les périodes de (très) forte activité du marché de l’ancien.

Partout sur le territoire national, la pénurie des biens disponibles à l’achat s’est installée, alors qu’une forte demande potentielle se maintient en dépit des difficultés d’accès au crédit, alimentée par les évolutions démographiques et le renforcement de la préférence des ménages pour un habitat hors des grands espaces urbanisés. Les prix signés augmentent et les acheteurs préfèrent donc renoncer à leur pouvoir de négociation des prix affichés et accroître les chances de signer les compromis de vente des logements qu’ils convoitent.

Ainsi des marges faibles se constatent autant dans des régions fortement urbanisées où le déficit en logements s’est installé depuis longtemps (Ile de France ou Rhône-Alpes) que dans des régions aux marchés habituellement considérés comme plus tranquilles (Franche Comté, Lorraine ou Picardie).

 

Des différences notables entre les régions

Entre avril et juillet, le niveau des ventes s’est accru de 460 %, France entière. Certes, avril avait été particulièrement mauvais. Mais la reprise a été notable, même si l’activité s’est repliée en août, comme chaque année. Pour autant, sur les trois derniers mois, les ventes sont inférieures de 8.5 % à leur niveau de 2019, en glissement annuel.

Néanmoins, dans certaines régions où la hausse des prix avait été modérée, par le passé, la demande s’est redressée plus qu’ailleurs. Ainsi elle est supérieure de 10 % à son niveau observé de juin à août 2019 en Basse Normandie et dans le Limousin. Et de 5 % en Auvergne, en Champagne-Ardenne, dans le Centre et en Haute Normandie.

En revanche, les ventes ont juste retrouvé leur niveau de 2019 en Ile de France : bien que la demande n’y soit pas fortement pénalisée par le durcissement de l’accès au crédit, le niveau des prix et une moindre demande étrangère pèsent sur le marché. De même en est-il de l’activité en Franche-Comté et en Picardie : mais si les prix y sont restés sages, la reprise bute sur les difficultés d’accès au crédit.

Ailleurs, c’est le déficit d’activité qui prévaut. De l’ordre de 10 % dans les régions où la demande a été déstabilisée par les difficultés d’accès au crédit (Alsace, Bourgogne, Lorraine et Poitou-Charentes). Et de 15 % à 20 % ailleurs, lorsqu’en outre la hausse des prix continue à peser sur la solvabilité de la demande.

 

Différences d’évolution des prix entre les métropoles

Les augmentations les plus rapides des prix des appartements anciens (de l’ordre de 10 % sur un an) se constatent toujours sur les métropoles de Lyon, de Nancy, de Nantes et de Rennes. La pression de la demande constatée sur l’ensemble du territoire de ces métropoles n’a pas été altérée par la crise sanitaire et ses conséquences économique et sociale et elle se diffuse sur les marchés des communes adjacentes. En revanche, le rythme de la hausse des prix est nettement moins rapide (de l’ordre de 4 %) dans les métropoles de Grenoble, de Lille, de Rouen et de Strasbourg aussi bien dans la ville-centre qu’en périphérie.

Habituellement, les tensions sur les prix des appartements sont plus prononcées dans le centre des métropoles qu’en périphérie : autant en raison de la rareté des biens disponibles dans le centre, que du fait de leur qualité et/ou des services qui leur sont associés (transports, équipements publics, commerces, …). Cela se constate notamment sur les métropoles de Lyon, de Nancy et de Nantes. Les métropoles de Bordeaux, de Rouen, de Strasbourg et de Toulouse font exception à la règle, la pression de la demande se renforçant plus nettement sur la périphérie que sur le centre.

Sur le marché des maisons, la progression des prix reste la plus soutenue sur les métropoles de Bordeaux, de Nice et de Rennes (plus de 9 %) : dans le cas de la métropole de Rennes, la progression des prix est aussi rapide sur la ville-centre qu’en périphérie ; alors que dans les deux autres métropoles, la hausse des prix concerne essentiellement la périphérie, en réponse au déplacement de la demande et à l’impact de sa préférence pour la maison individuelle.

Baromètre LPI-SeLoger septembre 2020 publié par sarah.kroichvili1

BAROMÈTRE LPI-SELOGER juin : les tendances des marchés immobiliers à fin mai 2020

Une hausse des prix de l’ancien persistante

En dépit d’une chute des ventes jamais observée depuis la Libération, la hausse des prix des logements anciens se poursuit, sans s’affaiblir. Pourtant, alors que les mois de mars à mai portent habituellement 27 % des ventes de l’année, l’effondrement du marché a déjà privé 2020 d’1/6ème de son activité. Cependant, les prix n’ont reculé en mai que dans 5 % des villes de plus de 100 000 habitants : cela était déjà le cas en avril, alors qu’en mars 8 % des grandes villes étaient concernées, après 12 % en janvier et en février.

Les tensions sur les prix ne se relâchent donc pas, même si la crise a été brutale et de grande ampleur. La chute de l’activité est en effet synonyme de raréfaction de l’offre et elle alimente les tensions sur les prix dans un contexte de pénurie. Elle accompagne la contraction de l’offre de crédits bancaires voulue par la Banque de France qui, dès le début de l’année, a provoqué une déformation de la structure du marché : les ménages réalisant les achats les moins onéreux (prix au m² ou prix du lot) ont quitté le marché proportionnellement plus que les autres, alimentant ainsi la persistance de la hausse des prix.

En mai 2020, les prix signés (mesurés en niveau annuel glissant) ont ainsi augmenté de 5.1 % sur un an, contre + 3.6 % il y a un an à la même époque. En outre, la hausse des prix affichés est presque deux fois plus rapide qu’il y a un an, lorsque le marché était en expansion : les offres des vendeurs sont donc toujours aussi ambitieuses et il faut remonter en 2010 pour retrouver un rythme de progression des prix affichés aussi rapide.

 

Poursuite de la hausse des prix dans le neuf

La hausse des prix des logements neufs reste soutenue, en dépit de l’atonie des ventes. Aussi bien sur le marché des maisons que sur celui des appartements, les tensions sur les prix sont toujours vives. En mai 2020, l’augmentation des prix a ainsi été de 3.3 % sur un an pour l’ensemble du marché, contre + 2.2 % il y a un an à la même époque. Et alors qu’habituellement les prix reculent au cours du printemps, ils ont confirmé leur progression rapide sur le marché des maisons et ils ont cru légèrement sur celui des appartements.

Ainsi, si la hausse est toujours la plus rapide sur le marché des appartements : + 3.4 % sur un an (+ 2.5 % en mai 2019), elle se poursuit au même rythme depuis février dernier. En revanche, le rythme de progression des prix des maisons individuelles se renforce au fil des mois (+ 2.6 %, contre + 0.8 % il y a un an), après une année 2019 de faible augmentation.

 

Nouvelle hausse des prix dans les grandes villes  

Comme la demande ne devrait guère bénéficier des soutiens publics et/ou de mesures de relance avant l’automne, il faudra attendre que la production bancaire reprenne de la vigueur pour que le marché se redresse. Mais il paraît peu probable que les baisses des prix des logements anciens suffisent, par elles-mêmes, pour redynamiser la demande.

D’ailleurs, les prix n’ont reculé en mai que dans 5 % des villes de plus de 100 000 habitants. En revanche, la hausse des prix se poursuit et souvent se renforce dans la plupart des grandes villes : sur Besançon, Lyon, Mulhouse, Nantes et Villeurbanne, voire sur Montreuil, la progression est de plus de 10 % sur un an. La hausse est toujours rapide (de l’ordre de 9 % sur un an) dans nombre de grandes villes de l’Ouest (Angers, Brest et Le Havre), mais aussi sur des villes aussi diverses qu’Argenteuil et Metz. Et sur Angers, Marseille ou Toulouse, l’évolution des prix reste soutenue (plus de 8 %).

La crise paralyse le marché des appartements anciens et pourtant les baisses de prix sont rares : à Bordeaux où la baisse s’était amorcée en décembre 2019, les prix ne reculent plus que de 0.7 % sur un an et ils remontent depuis mars, même si cette remontée est encore modeste. Seule finalement parmi les grandes villes, Nîmes reste celle où les prix reculent depuis fin 2018, sans que le rythme de la baisse ne se soit accru avec la crise.

Et dans les villes qui avaient connu une diminution des prix jusqu’en février dernier, Limoges et Orléans, le redressement des prix se renforce. Alors que sur Paris, le ralentissement de la hausse amorcé durant l’automne 2019 se confirme. L’augmentation est cependant encore de 5.5 % sur un an, sans que les prix n’aient reculé depuis le début de la crise, bien au contraire. Ainsi les prix signés dépassent largement les 10 000 €/m² depuis plus d’un an et ils dépassent les 11 000 €/m² dans 11 arrondissements parisiens.

 

Un rebond technique peu vigoureux

Dès décembre 2019, le durcissement des conditions d’octroi des crédits voulu par la Banque de France a pesé sur le marché de l’ancien. Le nombre des compromis signés durant les deux premiers mois de 2020 était en recul de 7.7 %, en glissement annuel. Le déclenchement de la crise sanitaire a alors transformé en crise majeure ce qui n’était qu’un atterrissage des ventes : le marché s’est bloqué et en mars, le nombre des compromis a chuté de 50.1 % en glissement annuel.

Dans le contexte du confinement, la chute a été vertigineuse en avril : le recul de l’activité a été sans précédent depuis la Libération, de 82.9 % en glissement annuel. Et en mai, en dépit du déconfinement, la baisse des ventes était encore de 53.3 % ! Ainsi, en niveau trimestriel glissant, le nombre des compromis signés a diminué de 62.1 % à fin mai.

Même si un rebond « technique » de l’activité a pu s’observer dès le 11 mai, le sursaut de la demande de logements anciens n’a donc pas été très vigoureux : le nombre de compromis signés durant les 20 derniers jours de mai a certes été 3.5 fois supérieur à celui d’avril, mais il est resté inférieur de plus de 39 % à celui des 20 derniers jours de mai 2019. Dans le contexte d’une récession économique inconnue depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la reprise du marché de l’ancien risque d’être molle pendant un certain temps encore.

 

Des marges écrasées, mais pas de baisse des prix

En mai 2020, France entière, la marge de négociation s’est établie à 3.7 %, en moyenne : 3.5 % pour les appartements et 3.9 % pour les maisons.

Les marges redescendent vers les niveaux très bas, jamais observés par le passé même durant les périodes de (très) forte activité du marché de l’ancien. Sur le marché des maisons, elles restent à 15 % sous leur moyenne de longue période, et sur le marché des appartements, l’écart se creuse encore à 27 % sous leur moyenne de longue période.

Partout la chute du marché alimente les tensions sur les prix : et pas seulement sur les marchés des grandes agglomérations où la pénurie de biens à acquérir accompagne la pression de la demande depuis plusieurs années, mais aussi sur les territoires ruraux et dans les villes moyennes. Les prix signés progressent toujours et les acheteurs préfèrent renoncer à une négociation des prix affichés pour laquelle ils sont cependant en position de force. D’autant que les vendeurs restant sur le marché préfèrent retirer leurs biens en attendant la reprise du marché plutôt que de réviser leurs ambitions à la baisse. Les marges s’écrasent et la pénurie des biens n’est pas encore synonyme de baisse des prix.

 

Chute générale des ventes

La chute des ventes de logements anciens constatée depuis la mise en œuvre du confinement est générale.

Pourtant, la baisse des ventes constatée depuis le début du confinement a été la moins forte (de l’ordre de 50 %) dans 5 régions (Auvergne, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Limousin et Picardie) où la hausse des prix avait été plus modérée qu’ailleurs, par le passé, permettant à la demande de mieux résister à la dégradation du marché observée avant la crise. Elle a donc été moins marquée que sur des territoires qui en 2019 avaient pu briller par leurs performances.

En revanche, le repli de l’activité est le plus rapide (de 65 % et plus, en glissement annuel) dans 5 régions (Aquitaine, Bretagne, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire et Poitou-Charentes) où la demande avait été doublement déstabilisée, au-delà de l’impact de la crise sanitaire : par une augmentation des prix qui a sensiblement altéré les capacités d’achat des ménages, puis par le durcissement des conditions d’octroi des prêts qui a pesé sur le dynamisme de la primo accession à la propriété.

 

Préférence renforcée pour la maison individuelle  

Sur la plupart des espaces métropolitains, la demande de maisons individuelles est habituellement très forte. Mais comme l’offre de tels biens disponibles à la vente reste structurellement limitée, les tensions sur les prix des produits proposés ne se sont pas allégées durant la crise sanitaire : alors que la taille de ce marché s’est contractée pendant le confinement, la demande solvable a fléchi dans une moindre proportion et sa préférence pour ce type de biens s’est encore renforcée. Ainsi, le niveau des prix des maisons qui est en moyenne de 12 % supérieur à celui des appartements pour l’ensemble des métropoles (et même de 22 % si on se limite aux seules villes centre) a de nouveau progressé. Cela s’est particulièrement constaté sur les métropoles de Brest, Grenoble, Rennes, Strasbourg ou Toulouse où les hausses de prix s’établissent entre 9 et 13 % sur un an. Dans les métropoles de Brest et Toulouse, la hausse concerne autant la ville centre que la périphérie, sur des territoires où la demande est confrontée à une insuffisance récurrente de l’offre en un produit convoité (la préférence pour la maison individuelle versus l’habitat collectif). Alors que pour les métropoles de Rennes et Strasbourg et surtout pour celle de Grenoble, la hausse tient principalement à l’évolution constatée en périphérie vers laquelle la demande qui cherche à se délocaliser tourne sa préférence.

La hausse des prix des appartements se renforce dans la plupart des grandes villes. Cela se constate aussi dans nombre de métropoles. L’augmentation des prix est la plus rapide sur les métropoles de Brest et Nantes (de l’ordre de 11 %), et dans une moindre mesure sur les métropoles de Lyon, Nancy et Toulouse (de l’ordre de 8 %). En dépit du repli de l’activité constaté sur l’ensemble du territoire de ces métropoles, la hausse des prix reste aussi vive sur la ville centre que sur les marchés des communes adjacentes : l’insuffisance de l’offre entretient toujours la rareté à l’origine de ces évolutions.

 

Baromètre LPI-SeLoger juin 2020 publié par sarah.kroichvili

Baromètre LPI-SeLoger février 2016 : Augmentation plus soutenue des prix de l’ancien

AUGMENTATION PLUS SOUTENUE DES PRIX DE L’ANCIEN

Les tensions sur les prix se font moins pressantes durant les mois d’hiver. Par exemple en février, lorsque les prix sont les plus bas dans l’année, l’amplitude saisonnière est de l’ordre de 2 % par rapport à juin, lorsque la pression sur les prix est la plus forte. Ainsi en janvier, les prix des compromis signés ont reculé de 0.2 % au cours des 3 derniers mois : les prix des maisons, toujours plus volatiles, reculent le plus fortement (- 0.5 %), alors que ceux des appartements restent à peu près stables.

Pour autant, la remontée des prix amorcée au printemps 2015 se confirme : les prix des logements anciens remontent maintenant, en dépit de leurs fluctuations saisonnières. La parenthèse récessive des prix est bien refermée. Et en janvier 2016, les prix des logements anciens sont supérieurs de 1.8 % à leur niveau d’il y a un an : de 1.1 % pour les appartements et de 3.0 % pour les maisons.

Les prix des maisons avaient progressé le plus rapidement en 2015. Aussi, au-delà du ralentissement saisonnier habituel, le rythme annuel d’évolution des prix signés confirme sa remontée : avec + 0.7 % pour l’ensemble du marché (+ 0.3 % pour les appartements et + 1.5 % pour les maisons).

EMBELLIE SUR LES PRIX DANS LES GRANDES VILLES

Avec la reprise d’activité, le mouvement de hausse des prix des logements anciens se renforce dans les grandes villes. En 2015 déjà, les prix s’étaient redressés dans 56.0 % des villes de plus de 100 000 habitants. En janvier 2016, la hausse des prix signés sur 12 mois se constate dans 61.5 % des grandes villes : voire dans plus des 2/3 des grandes villes si on prend en compte celles où la hausse s’est observée seulement au cours des 3 derniers mois !

Ainsi, sur Lille, sur Nantes ou sur Paris les prix des appartements anciens augmentent maintenant doucement (de l’ordre de 0.5 %) : d’ailleurs sur Paris, l’année 2016 commence sur une hausse des prix de 0.7 % au cours des 3 derniers mois contre – 1.5 % il y a un an à la même époque.

Dans des grandes métropoles telles Bordeaux, Lyon ou Toulouse, le rythme de la hausse s’accélère (de 1.5 à 2.0 % sur un an). Elle est même plus rapide encore (3 % et plus), sur Rennes ou sur Strasbourg, par exemple.

TASSEMENT HABITUEL DES MARGES DURANT L’HIVER

En janvier, les marges étaient de 4.7 % en moyenne, France entière : 4.6 % pour les appartements et de 4.9 % pour les maisons. Si en ce début d’année les marges ont de nouveau reculé sur le marché des appartements, elles se sont stabilisées pour les maisons. Sur un marché qui est en général fait par les demandeurs durant l’hiver, une nouvelle hausse des prix des compromis des appartements s’est accompagnée du resserrement des marges afin de ne pas risquer de perdre les affaires. Alors que la légère baisse des prix des maisons a permis de préserver les marges, sans allongement des délais de réalisation des affaires.

Mais les marges sont toujours élevées lorsque la pression de la demande est moins forte qu’ailleurs (Limousin, voire Bretagne, Centre et Picardie).

UNE ACTIVITE TOUJOURS SOUTENUE

Traditionnellement les mois d’hiver sont les plus calmes de l’année : entre janvier et le pic des signatures de compromis de juillet, l’écart d’activité est de l’ordre de 50 %. Pourtant, en janvier 2016, l’activité progresse de nouveau, rapidement : + 10.5 % en niveau trimestriel glissant, contre + 0.1 % il y a un an. Une telle vivacité du marché ne se constate habituellement que durant l’été !

Les ventes bénéficient de très bonnes conditions de crédit : en janvier, les taux ont reculé pour le troisième mois consécutif, gommant une large part de la hausse constatée après les désordres financiers causés par les crises grecque et chinoise.

En progression de 10.9 % sur une année glissante, le marché retrouve progressivement le dynamisme perdu avec la suppression du PTZ dans l’ancien.

LA PROVINCE TIRE LE MARCHE VERS LE HAUT

Les ventes de logements anciens augmentent toujours rapidement en Province : + 14.3 % en niveau trimestriel glissant (+ 4.3 % il y a un an). Alors qu’en Ile de France, l’activité est toujours à la peine : + 2.1 % en niveau trimestriel glissant, même si elle est mieux orientée qu’il y a un an (- 7.9 % à la même époque).

Sur un an, en année glissante, le constat reste identique : + 11.9 % en Province (- 2.6 % en janvier 2015), contre + 8.7 % (contre – 6.1 %).

Pourtant la panne de la primo accession affecte toujours le niveau de l’activité en Province, les ventes étant de plus de 15 % inférieures à 2011. Alors qu’en Ile de France, l’activité dépasse maintenant son niveau de 2011 de plus de 7 % et rejoint celui des années qui ont précédé la grande dépression.

En bref :

En Bref

Téléchargez l’intégralité de l’analyse de Michel Mouillart et du baromètre LPI-SeLoger de Février en cliquant ici.

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